Protection des tortues: Présentation du Projet de l’association ANAI mars 13, 2008
Projet de sauvegarde des Tortues Marines du sud des côtes Caraïbes
Talamanca, Costa Rica
Association ANAI
Jusque dans les années 1980, les tortues marines nichant sur la plage Gandoca étaient pratiquement inconnues au monde. L’exploitation des œufs par la population locale (peu nombreuse) ne constituait pas de dégâts majeurs. Avec la croissance du commerce de la banane sur le bassin de la rivière Sixaola et l’amélioration des routes dans cette zone, le braconnage devint une sérieuse menace pour ces tortue. Il a ainsi été estimé qu’au début des années 80, 90% des œufs étaient dérobés chaque année sur la seule plage de Gandoca.
Dès 1990 le braconnage était assez bien contrôlé et cette année là a débuté le programme de bénévoles en collaboration avec les activités de recherche. Ces volontaires aidaient les patrouilles sur la plage en collectant des informations pour cataloguer les bébés tortues et en les aidant à rejoindre la mer. Sans les bénévoles, (au nombre de 400 environ) ce projet n’aurait pas d’aussi bons résultats.
La Tortue Luth (Tortue marine à dos de cuir)
Elle est considérée comme une espèce en voie d’extinction du fait de la chasse faite à leur encontre dans plusieurs parties du monde, ceci pour diverses raisons : On peut utiliser leur viande, récupérer leur huile, ou comme aphrodisiaque, entre autre. De plus le braconnage des œufs ainsi que la capture accidentelle des tortues dans les filets de pêche, sans compter l’urbanisation des lieux de ponte est également une des causes de leur disparition.
Le nombre de tortues Luths dans le monde entier est estimé de 26 000 à 43 000, c’est la variété que l’on rencontre le plus dans tous les océans ; cette espèce peut se déplacer sur plus de 6000 Km pour rechercher sa nourriture. Cependant, malgré tous ces grands déplacements, les femelles reviendront toujours pondre sur les plages ou elles sont nées.
La tortue Luth est la plus grande des tortues marines mesurant jusqu’à 2,5 mètres et pesant entre 300 et 600 Kilos.
Les tortues Luth ont été repérées à des profondeurs très importantes : à plus de 1000 mètres et pour une durée de 35 minutes, alors qu’en général elles plongent une quinzaine de minutes. Les recherches montrent que les tortues plongent à ces profondeurs pour y trouver leur source principale de nourriture : les méduses. Les sachets plastiques bleus utilisés dans les plantations de bananes dans la région de Sixaola ressemblent beaucoup aux méduses dont se nourrissent les tortues une fois dans l’eau et beaucoup meurent après les avoir ingurgités. Chaque fois qu’une tortue mange une méduse elle élimine l’excès de sel de son corps sous forme de larmes, d’où l’expression « les tortues pleurent ».
La femelle Luth atteint l’âge adulte à environ 10 ans. Elle retourne alors sur la plage de sa naissance pour y déposer ses œufs. La plupart des femelles se reproduisent tous les deux ou trois ans et elles pondent des œufs fertiles (les 80 ou 90 premiers œufs, de plus grande taille) et d’autres qui ne le sont pas : les 30 derniers qui sont de plus petite taille.
Avant même leur éclosion, les œufs doivent déjà faire face à de nombreux dangers : s’ il pleut trop, ils peuvent être noyés. Les hautes vagues et autres fortes marées peuvent détruire tous les nids ainsi que les fourmis, crabes, coatis, ratons laveurs, chiens et cochons qui les détruisent dans le but de les manger. Ainsi même un nid naturel en parfaites conditions n’aura qu’un taux d’éclosion de 60 %. A Gandoca, les nids naturels ont un taux d’éclosion de 30% à 60 %, alors que dans les couveuses protégées on note un taux de 46%. La température des œufs au sein du nid devrait être à environ 29,5 °c et à cette température le nid produira autant de mâles que de femelles. Les nids à température plus élevée produiront plus de femelles, tandis que les nids à température plus basse produiront plus de mâles. Après une période comprise entre 50 et 78 jours, l’oeuf éclos de son œuf et le bébé est prêt à commencer la lutte pour la survie.
Les bébés émergeant du nid en groupes sur une période de deux à trois jours sortent généralement la nuit car l’air est plus frais en surface. Cependant, il arrive parfois qu’ils émergent suite à un orage, lorsque la pluie rafraîchit la température. Une fois à la surface, les tortues sont attirées par la lumière qui les fait se diriger vers l’horizon plus lumineux et plus clair : la mer. A la surface, certains des bébés éclos sont déjà la proie de beaucoup de prédateurs. Même quand les nouveaux nés rejoignent la mer, beaucoup de requins et d’autres grands poissons les attendent pour les dévorer.
Une fois dans l’eau, les tortues nagent directement vers les eaux plus profondes ou elles se trouvent plus en sécurité.
Il est estimé que sur 1000 bébés tortues, seulement 1 à 2 parviennent à l’âge adulte.
Le Programme des Bénévoles :
Le travail :
Le but du programme des bénévoles est d’assister le personnel du projet de la façon suivante :
Patrouiller sur les plages dans le but de protéger les nids et les tortues qui pondent, tant des prédateurs que des braconniers.
Ramasser les œufs qui sont menacés par l’érosion de la plage ou par les braconniers, les placer en lieux sûrs.
Collecter toutes les informations correspondantes aux tortues, ainsi qu’à leur comportement de nidification (le lieu de nidification, la taille du nid, la longueur et la largeur de la carapace, etc.)
Surveiller les nids qui ont été déplacés dans les viviers.
Le Vivier :
On a construit 2 viviers dans des endroits différents de ceux de l’année précédente et dans des zones de grande stabilité pour qu’ils ne soient pas lessivés par la mer.
Les Naissances :
Les nouveaux nés sont immédiatement libérés après avoir été compté. On ne les libère jamais au même endroit de manière à limiter la déprédation.
Les tortues sont posées sur le sable sec, à 5 mètres de l’endroit ou les vagues arrivent afin qu’elles s’imprègnent des paramètres biologiques qui leur serviront à retrouver la plage ou elles sont nées lorsqu’elles viendront s’y reproduire. Elles ne sont jamais déposées très proche ou dans l’eau.
Le Marquage
Toutes les femelles sont marquées lorsqu’elles rebouchent leur nid (après avoir pondu).
Le Prélèvement de Tissus :
La Biométrie :
On mesure la largeur et la longueur des femelles à la fin de chaque ponte.
Le Repositionnement et le Camouflage des nids :
Concernant la plage de Gandoca, les principaux problèmes sont récupération illégale des œufs ainsi que l’érosion de la plage ; les moyens de conservation déjà essayés sont : le transfert des nids des zones à haut risque dans des endroits sûrs ou leur camouflage en effaçant les traces laissées par la tortue au moment de la ponte.
Le repositionnement peut se faire vers des viviers ou vers des endroits sûrs de la plage ; on applique le premier cas lorsque la présence humaine est importante comme par exemple pendant les fêtes de pâques. Si la présence humaine n’est pas trop forte, les œufs sont déplacés dans des endroits plus sûrs, ce qui correspond à 30 à 50 % du total des nids.
Utilisation de la Lumière :
L’utilisation de la lumière rouge dans les zones de nidification est une norme appliquée dans tous les pays d’Amérique Centrale.

Direction du
Projet à San José :
Proyecto de Conservacion de las Tortugas Marinas
Asociacion ANAI
Apdo.170-2070, Sabanilla de Montes de Oca
San José, Costa Rica
Contact: volunteers@racsa.co.cr
TelL506) 224 3570 / Fax: (506) 253 7524


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