Internatura FR-CR’s Weblog

Tour du Monde à vélo et Passion pour le Costa Rica

Le budget mars 14, 2008

 

Il s’agit d’une question qui préoccupe bon nombre de gens, il m’a fallu apprendre à y répondre sereinement car cela devenait, certains jours, irritant ou même agaçant. Cela me paraissait invraisemblable que quelqu’un qui était propriétaire d’une superbe voiture et d’une somptueuse maison demande à un cyclovoyageur qui possède en tout et pour tout son vélo et le contenu de ses sacoches, « comment faites vous pour vivre ? Vos parents sont-ils fortunés ? ». Voyager n’est pas forcément synonyme de dépenses, tout dépend du standard de vie que l’on adopte, des capacités à gérer, à négocier, à s’adapter. Mais surtout, il s’agit de ne pas consommer ce que l’on désire mais ce que l’on est capable de s’offrir. Pendant ces six années de voyage, je n’ai pas eu l’impression de me priver mais j’ai su ne pas désirer ce qu’avaient les autres en quelque sorte assumer mon choix de vie ! Dans les pays développés, je préparais moi-même mes repas et dormais généralement sous la tente alors que dans les pays bon marché je pouvais m’offrir très facilement l’hôtel (entre 1 et 4 euros) et le restaurant (entre 1 et 2 euros). Je ne suis toutefois pas certain que tout le monde soit prêt à s’imposer ces conditions de vie “basiques” : dormir parfois dans des lieux insalubres, manger la nourriture locale, ne pas fréquenter les “attractions” touristiques, tout simplement oublier sa petite vie routinière et confortable ! Il s’agit là, d’une véritable philosophie de vie dont je parlerai dans les chapitres suivants.

Le facteur temps influe énormément sur le budget ; je l’ai découvert en observant les vacanciers souvent pressés car disposant de peu de temps. Lorsque les tarifs me semblaient excessifs, je faisais preuve de patience ou trouvais une autre alternative. Par exemple, en arrivant à l’aéroport de Tokyo au Japon, on me demandait 30 euros pour regagner le centre ville (70 Km) en bus, la nuit allait tomber, je déciderai donc de trouver un endroit pour camper (forêt) et reprendrai mon vélo le lendemain matin sans penser davantage au trafic intense caractérisant certaines routes japonaises. C’est toute la liberté et la flexibilité qu’apporte le voyage à vélo ! La peur me semble être également une source de dépenses, on déjeune dans un restaurant touristique (beaucoup plus onéreux) de peur d’être malade en consommant la nourriture vendue dans la rue, on change vite de l’argent ayant peur d’en manquer (taux de change pas forcément optimum)…. J’ai donc appris à prendre le temps et à lutter contre mes peurs. Cela ne s’avérait pas toujours facile car j’étais parti avec mes craintes et j’avais quitté une vie hyper active !

Sur les conseils des cyclos rencontrés avant mon départ, je m’étais fixé un budget journalier de l’ordre de 9 euros (300 euros/mois) quelque soit le pays : à moi de m’adapter. Cela comprenait la nourriture et l’hébergement ainsi que les faux frais (courrier, musées, glaces …). Pour constituer cette réserve financière, j’avais travaillé six ans en faisant régulièrement trois cents euros d’économies par mois, j’ai également eu la « chance » d’être licencié économique en touchant une prime conséquente. Cela ne m’avait pas contraint à d’importantes privations, il m’avait juste fallu ne pas tomber dans le monde du consumérisme et ne pas vivre à crédit. Faire parfois preuve de bon sens et accepter certaines contraintes, en me chauffant au bois (j’étais forestier), j’avais pu faire des économies non négligeables sur mes factures d’électricité… . Avant de partir, j’avais vendu les quelques “biens” que je possédais : voiture, télévision, skis, …En fait, je pense qu’en voyageant avec un petit budget j’ai fait plus de rencontres ; en quelque sorte, cela a rendu le voyage plus “riche”. Avec plus de moyens, j’aurais fréquenté plus souvent l’hôtel et aurais été moins en contact avec les populations. De plus, avec peu de moyens, j’ai dû développer davantage mon sens de l’imagination et ma créativité. Notamment, lorsque quelque chose cassait. Au lieu de remplacer systématiquement, j’ai beaucoup appris par moi-même à réparer.

Pour mieux cerner ce que représentait le budget global de ces six années de voyage, de retour en France, je me suis rendu chez un concessionnaire automobile pour voir quelle voiture j’aurais pu m’offrir. Eh bien, rien de plus qu’un Monospace, soit l’équivalent d’environ 30 000 euros !

 

Récit de voyage : Voyager à Vitesse Humaine (Editions Cléa) mars 14, 2008

ericlivre.jpg

 

Je ne considère pas ce voyage comme un exploit mais plutôt comme une fabuleuse aventure humaine, un parcours initiatique où je me suis découvert à travers les autres. Voir le monde de mes propres yeux, c’était au départ, un rêve que je devais réaliser en 3 ans mais il m’aura fallu finalement 6 ans !

 

Je n’avais quasiment jamais voyagé et en tout cas pas à vélo : je devais être un aventurier dans l’âme.

 

A travers les conférences que j’ai organisées ces deux dernières années, j’ai saisi l’intérêt du public pour les motivations qui poussent à réaliser une telle aventure : les préparatifs, la vie quotidienne, les rencontres, mon ressenti, ma vision du monde.

livre.jpg

C’est tout cela que je dévoile dans cet ouvrage, le tout, souvent illustré d’anecdotes et d’histoires vécues.

 

J’attire particulièrement l’attention du lecteur sur le fait que cette fabuleuse expérience m’a littéralement transformé : j’ai trouvé mon bonheur, acquis une véritable philosophie de vie, une grande ouverture d’esprit et me suis énormément enrichi. J’ai pris le temps de réfléchir, méditer, analyser et de me définir un idéal de vie.

Bien sûr, il m’a souvent fallu me motiver mentalement mais le désir d’aller au bout des choses, la soif d’apprendre et de m’enrichir ont été les principaux moteurs de mon voyage.

Ouvrage: Voyager à Vitesse Humaine, Auteur: Eric Gay, publié aux Editions Cléa