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Tour du Monde à vélo et Passion pour le Costa Rica

Conclusion  mars 14, 2008

 

Etre allé au bout de mon rêve, l’avoir réalisé m’a donné une force et une confiance en moi incommensurable. Aujourd’hui, rien ou presque ne me semble impossible et comme je le dis très souvent : quand on veut, on peut ! La force me semble à la base de la réussite. La vie facile dont tout le monde rêve aujourd’hui ne rend pas forcément fort mentalement, je l’ai constaté à travers mes conférences données dans les écoles, on manque beaucoup de confiance en soi. L’assistanat est tellement développé que l’on ne fait plus appel à ses ressources mentales. C’est en vivant des situations et des moments difficiles que j’ai développé mes forces intérieures, ma volonté, mes capacités à aller au bout des choses. A tous ceux qui ont un rêve en tête, je leur dirais : foncez, ne vous posez pas de questions, réalisez le, vous ne le regretterez jamais. Le jour de l’arrivée, je me suis senti l’un des hommes les plus heureux de la planète, un bonheur très intense et très profond : je venais de réaliser ce dont beaucoup de gens rêvent, faire le tour du monde !

Ce qui rend très heureux aujourd’hui c’est d’être riche spirituellement, de me sentir libre, de ne plus désirer ce qu’ont les autres ou vouloir sans cesse plus, de savoir que tout est question de volonté, d’être conscient de ce qui me rend heureux : d’être moi-même ! J’ai le sentiment de vivre pleinement ma vie et de profiter de chaque moment, du fait que j’ai pris conscience de la valeur de la vie et de la richesse du bonheur. J’y suis parvenu en quittant le système, en prenant le temps de penser et d’analyser, en cherchant à comprendre qui j’étais et ce dont j’avais besoin. Quand certains de mes amis envient mon bonheur et ma manière de voir la vie, je leur réponds que c’est le résultat d’un travail sur soi-même de longue haleine. Il m’a fallu me détacher de mes attaches familiales, de mes racines, de mon petit confort mais surtout devenir de plus en plus égoïste dans mon bonheur. J’ai compris qu’avant de pouvoir donner du bonheur aux autres je devais moi-même être pleinement heureux ! C’est un peu contraire aux principes de l’éducation judéo-chrétienne mais très proche des pensées bouddhistes. Je rappelle que le bouddhisme n’est pas une religion mais une philosophie de vie ; je ressens très fortement qu’en étant devenu moi-même, je me suis tout naturellement rapproché des bouddhistes et de leur philosophie. Mon éducation, le système dans lequel j’ai vécu les vingt sept premières années de ma vie, n’avaient guidé vers un “bonheur matérialiste” ; mes soixante dix mois de voyage m’ont permis de découvrir que le bonheur était “mental”, plus spirituel ! Tout ce que j’ai vu, vécu et compris me permet, aujourd’hui, de vivre une deuxième vie. J’ai signé un contrat avec la vie et le bonheur ; je suis devenu quelqu’un d’autre. Je ne souhaite pas réussir dans la vie mais réussir ma vie !

Je ne me suis pas réintégré, comme je le pensais le jour de mon arrivée, sans doute trop conscient de ma liberté et me sentant trop différent dans mon propre pays. Depuis mon retour, j’avoue n’avoir rencontré que très peu de gens équilibrés et heureux qui l’expriment à haute voix. Certains témoignages accablants recueillis hors de mes conférences diaporamas ne m’ont pas du tout incité à me réintégrer. Je ne suis pas le seul à constater que dans nos pays développés, la vie est compliquée et que la joie de vivre manque. Personnellement, je ressens le besoin d’être entouré de gens positifs et plein de joie de vivre, c’est pour ces raisons que je quitte de nouveau mon pays. Mon voyage m’a apporté une grande liberté, celle de changer mon destin en suivant mes intuitions. Je l’ai dis précédemment, être différent dans son propre pays n’est pas chose facile, m’expatrier me facilitera sans doute la tâche car je serai déjà différent dans mon pays d’accueil ! J’ai eu la chance d’être invité au Costa Rica, par un ami français rencontré lors de mon périple, pour écrire mon récit de voyage. A cette occasion, je suis tombé amoureux du pays mais surtout d’une Costa Ricaine, elle aussi différente. Je m’installerai donc bientôt dans ce charmant pays d’Amérique centrale où la nature est encore reine et les habitants (les Ticos) plutôt conviviaux et chaleureux, plus insouciants et donc moins stressés.

A tous ceux qui se posent la question suivante : « Vais-je repartir pour de nouvelles aventures ? », je réponds sans aucun doute oui. Je l’avoue, six années de voyage, de vie nomade, c’est extraordinaire mais fatigant parfois usant. Il s’agirait donc de projets plus petits, une vie plus sédentaire. Je me verrais davantage aller vivre quelques mois dans certains pays déjà visités (Népal, sud du Chili…) pour découvrir leur culture plus en détail.

« Ai-je d’autres rêves ? » Oui ! Vivre une année complète chez les Inuits dans le grand Nord canadien et passer mes vieux jours sur un voilier.

 

 

L’attitude positive mars 14, 2008

 

 

Pour illustrer mes idées à ce sujet, je me plais à parler d’une expérience vécue en compagnie de l’ami Herman, un cyclo belge avec qui j’ai partagé une dizaine de jours de voyage en Scandinavie. Son attitude était si positive qu’il arrivait à dominer le fait qu’il était trempé par temps de pluie. Alors que nous roulions depuis une bonne heure sous une pluie froide, je me concentrais peu à peu sur le fait que j’étais mouillé et de ce fait je sentais le froid et l’humidité me pénétrer et m’engourdir. L’ami Herman, lui, était également mouillé mais sa positivité l’emportait : il n’y pensait pas, ce qui lui permettait de vivre le moment plus “philosophiquement”. J’ai beaucoup utilisé cette technique (psychologie) pour surmonter les difficultés notamment pour lutter contre les éléments climatiques (le vent, la chaleur et le froid), le but étant de penser à des jours meilleurs mais également de concevoir que la vie n’est pas un long fleuve tranquille. En pleine pampa patagonienne, au beau milieu de nulle part, sur une piste très peu fréquentée, au coucher du soleil, j’ai subi une avarie technique bénigne mais fort gênante : la pompe ne fonctionnait plus et je devais réparer une crevaison. Ne trouvant pas de solution et étant convaincu que la nuit portait conseil, j’ai dû planter la tente sur la piste (pampa très épineuse) et me suis couché sans manger car le vent soufflait violemment. Le lendemain matin, mon duvet était recouvert d’une fine pellicule de poussière, impossible de préparer le café mais peu importait car j’étais plein d’énergie positive. J’ai bricolé le raccord de la pompe qui s’est remise miraculeusement à fonctionner. J’ai poursuivi sereinement ma route. Je pense que dans la vie de tous les jours, nous ne sommes pas habitués à affronter de tels problèmes, tout ou presque est fait pour nous faciliter la vie. Les gens qui ne voyagent pas s’imaginent que les aléas auxquels doit faire face le voyageur sont difficiles à surmonter. A mon goût, il s’agit juste d’une question d’habitude et de ne pas avoir peur de vivre sans cesse de nouvelles situations, d’avoir une grande confiance en soi, de croire qu’à tout problème il y a une solution. Je vais même plus loin dans mes pensées en avouant que la vie “facile” n’est pas, me concernant, réellement exaltante. Je me pose beaucoup de questions quant au réel épanouissement des populations des pays dits “développés”, un thème très philosophique ! J’en ai parlé dans les premiers chapitres, beaucoup de phénomènes sont mentaux, le fait d’être positif face à une situation difficile aide énormément. Je l’ai observé autour de moi également. En effet, certains de mes amis ont affronté une grave maladie avec beaucoup de positivité et philosophie et cela leur a permis d’en réchapper. D’autres ont survécu à des situations mortelles (naufrage, accident de montagne…) également grâce à leur esprit positif, à leur ténacité, à leur volonté. L’esprit positif est à mon goût, la base de la réussite et du bonheur, c’est comme une croyance, presque une religion.